Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/01/2010

ENNUI

L'ennui était général et le baillement communautaire.

Se profilaient en ligne des wagons de femmes autotractées, n'attendant que leurs locomotives à vapeur d'encens et leur chef de "gare à toi le signal du départ n'est pas loin".

Il ne fallait pas renoncer au plaisir de puiser dans les bacs à lauréates, de fouiller les rayons de la petite mort, d'arpenter les allées des peines perdues.

Il suffisait de quelques mots à l'hésitation bien calibrée, aux faux accents d'incertitude, à la conviction molle et moite, et l'affaire se faisait, transaction hâtive, au black, sans ticket de caisse et sans garantie contre les vices cachés.

Et le vertige était à nouveau là. Dépasser les bornes et s'apercevoir qu'on tient encore la route. Franchir les frontières en sachant qu'on finira toujours par se dédouaner. Vertige de la toute-puissance et du contrôle des naissances et décès amoureux.

Elles sont ingénues, il est eugénique.

Elles s'ingénient, il singe et nie.

Mille e tre, disait le grand ancêtre. Lui en est à plus de trois mille. Le DJ résident de Séville peut revoir son mix marketing et son business plan.

Chez Tirso de Molina, pas d'internet, de webcam, ni de téléphone...

Ah oui, il y avait de la belle littérature, des tirades et des deux-ex machina. Cette histoire on pouvait l'écrire, en faire un festin de pierre.

Celle d'aujourd'hui mérite juste une lapidation rapide, aussi brève qu'un aller-retour adultérin et pathétique.

L'heure est au Time to Market et au flux tendu...

We are just fast fed up...

22:37 Publié dans Bref | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ennui, tristesse