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17/03/2010

LETTRE OUVERTE A PASCAL SALIN



C'était "Ce soir ou jamais", enchaînée à mon paquet de copies de management, telle  une bagnarde d'enseignante, je m'étais quand même mis en fond sonore la voix onctueuse et savoureuse de Frédéric Taddéi.
Une petite giclée d'intelligence ne fait pas de mal et ne rend même pas accro, même si les thèmes étaient plutôt d'une fatigante banalité : Crise, Pédophilie, Pape et plus si affinités...

Je découvre l'ampleur des dégâts : une fausse branchée papiste, un acteur gendre idéal et se la jouant pragmatiquement correct, une excitée du chromosome Y au vocable abscons, un artiste scolairement anarchiste et préférant le salmigondis sonore à la verve libertaire, un sociologue stressé du bulbe et la caution culturelle du jour, un artiste aussi subversif qu'une chorale de scouts dans une kermesse de village vendéen.

Et surtout, surtout, le-dit citoyen Pascal Salin, devant l'érudition et les références universitaires duquel, tout français un tant soit peu ignare est prié de s'incliner avec déférence. Soit, je lui laisse le bénéfice du doute et pense mettre à profit, la tisane de science infuse qu'il compte nous administrer pour mieux nous faire avaler la pilule amère des lendemains qui déchantent.

"Demander aux actionnaires de reverser leurs profits, systématiquement, aux salariés, ce serait un peu comme demander aux salariés de reverser une partie de leurs salaires aux actionnaires..."

Foutredieu ! je lève la tête.

"Hey ! Alain Minc, lève ta perruque blonde, je t'ai reconnu !"

Raté ! ce n'est pas un fake d'Alain Minc. Alain, c'est la version Closer de l'Economie. Salin, c'est la version papier glacé et couverture Glamour : le neurone premium au service de la forfanterie et de l'imposture.

Les autres invités se lancent dans la réplique. Et je suppose que ce sont la pauvreté, l'inanité de leurs arguments qui me mettent le plus en colère. La connerie de l'agresseur est un fait, mais ce qui irrite, c'est le manque d'à-propos de ceux qui sont censés défendre le même camp que le mien.

Et vas-y que je me lance sur le champ de la Morale, sur le terrain de l'Ethique et tutti quanti. Effet garanti nul et non avenu. Personne, personne sur le plateau pour lui mettre le nez dans ses propres déjections mentales. Nul Marx à l'horizon pour se lancer dans une refonte du Matérialisme Historique, pas un seul petit Spinoza pour lui glisser quelque sophisme sensé sur l'Ethos, nul Kant pour se dresser et ériger une forteresse logico-philosophique.

De la piétaille, des faire valoir pour le Penseur du Libéralisme Raisonné, du Capitalisme Génétiquement Modifié, de la Spéculation Durable.

Alors, a posteriori et à titre posthume, pour la Peau, le Chagrin, la Pitié, je m'en vais pourfendre à nouveau le Moulin à Vent néo-libéral, uniformiste et humanocide, Credo Revolving ultime de l'Idéologie toxique, seule vraie religion révélée de notre maigre civilisation, cette croyance qui colle à nos plaies ouvertes comme une sangsue boulimique : "Notre Ere sera économique ou ne sera pas."

REPONSE A M. PASCAL SALIN :

"Toute entreprise est le résultat faustien d'un pacte entre l'Actionnaire, par essence force passive, et le Travailleur, par essence force active. L'Actionnaire est Maître d'Ouvrage, le Travailleur Maître d'Oeuvre. En échange de sa force de travail (je vous rappelle au passage de vérifier l'origine de ce mot dans un quelconque traité d'étymologie), le Travailleur reçoit Salaire. "Je sue, on me file du sel, n'est-ce pas ?"
"L'Actionnaire nous file du blé et nous le semons, cultivons et récoltons pour son compte. En échange, il nous en refile un peu pour notre propre compte. C'est en quelque sorte un système coopératif.
"Mais l'Actionnaire exerce un droit de propriété sur l'outil de production et les biens qui en sont issus. A ce titre, l'Actionnaire se réserve le droit de disposer des richesses que les Travailleurs ont malgré tout contribué à produire. En effet, ceux-ci sont libres de travailler ou pas pour lui, l'esclavage étant aboli depuis belle lurette et gai luron
"Si je suis bien votre raisonnement, M. Salin, puisque les travailleurs depuis les lois sur l'Epargne Salariale, sont en droit de disposer d'une partie des bénéfices réalisés, à ce titre, l'Actionnaire, serait en droit de leur réclamer la restitution d'une partie du salaire qu'il leur a versé.
"Ceci s'appelle une argutie. Ni plus ni moins. Mais comme l'enseignement philosophique est défaillant en France et que même les philosophes préfèrent s'afficher aux bras de chanteuses sans voix ou dans des sauteries Bling Bling, plus personne n'est apte à relever que :

"LES DITS BENEFICES SONT LE FRUIT D'UN EFFORT CONJUGUE : L'INVESTISSEMENT PASSIF ET LE TRAVAIL ACTIF."

"Les partenaires doivent donc partager de manière équitable, au prorata de l'effort accompli, des risques encourus et.... et... et....

"DE L'ORIGINE DE LEUR INVESTISSEMENT !!!

"Tout un chacun sait d'où sont issus les patrimoines avantageux : de la guerre, de la triche, de la corruption, d'une histoire saumâtre, de la prédation, de la spéculation, de l'escroquerie, du mensonge

"Tout comme les titres de noblesse s'acquéraient par la ruse ou plus rarement la bravoure,

"Les patrimoines sont rarement constitués par la participation active à l'effort physique ou intellectuel, et plus souvent à la Briganderie en Col Blanc

"Tandis que leurs muscles, leur savoir, leur pratique, leur compétence, leurs idées, les Travailleurs les doivent très souvent à l'abnégation, l'humilité, la nécessité, la rage de vivre, l'instinct de reproduction et de survie,

"Et cela, c'est une affaire de Morale

"Demander le reversement des bénéfices, ce n'est que demander le paiement d'une dette, à très long terme et non échue, la dette qu'une certaine Elite Financière a contracté, de manière souvent occulte, au détriment de débiteurs malgré eux

"Ramener l'entreprise, uniquement, à une affaire financière, est d'autre part inepte en termes de gestion. Les apports de capitaux ne sauraient être uniquement financiers ni même décomptables. Et cela, on le trouve dans tout bon manuel de gestion de BEP Vente.

"Retournez à l'école M. Salin... Quoique... je vous soupçonne, tel le Pape qui ne croit pas en Dieu mais à son propre Intérêt, de prêcher le Faux pour cacher le Vrai.

"Et je ne vous salue pas !"