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17/01/2010

MA PATRIE C'EST TOI

Quand je vois ces couples blêmes
Qui implosent et s'empoisonnent
Quand je vois ces regards ternes
Et ces mains qui emprisonnent
Je me dis
Pas moi
Plus jamais ça

Je déclare la guerre au fascisme copulatoire
Je renie ma condition matrimoniale
Je refuse les casernes et les mitards conjugaux
Je déserte j'arrache mes galons de mariée exposée aux regards des témoins de Marianne

Quand je vois ces duos contraints par la Farce Publique
Ma conscience objecte
Je passe les frontières
Je saute les tranchées
Je me dis
Plus jamais ça

Ma patrie c'est toi

22:29 Publié dans Lyriques | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : patrie, amour, mariage, couple

11/01/2010

OIE BLANCHE

Elle vit son mari flirter avec la donzelle. Elle n'en prit pas ombrage. Satisfaite du spectacle ou plutôt de ce qui allait suivre. L'âge venant, la certitude toujours chevillée au corps, d'être la seule, l'unique, il lui fallait un excitant, un piment fortifiant ses dernières belles années. Son mari savait toujours lui faire plaisir comme elle le désirait, il y trouvait lui même la satisfaction de savoir qu'il pouvait encore plaire.

Elle s'approcha du couple enlacé aux lèvres frôlantes et caressantes. Elle prit l'air faussement offusqué...
La donzelle se tourna vers elle, triomphante, s'attendant à un torrent de larmes, une forêt d'injures...
Elle en fut pour ses frais, c'est elle qui paya l'addition, un zeste de mépris en guise de pourboire...

"Alors ma belle ? tu penses avoir gagné ? Tu penses que la vieille doit s'effacer au profit de la plus jeune ? Tu ne connais rien de la vie ni des hommes, et surtout de celui-ci, de celui qui te tient dans ses bras ? Tu penses avoir gagné son coeur ? Allons, au mieux, tu peux avoir sa queue. Car tu n'es qu'un trou, un trou pour lui. Un joli trou, comme sur un parcours de golf, le joli green, bien lisse, bien frais, dans lequel on peut putter tranquille... certes mais après ? tu espères quoi d'autre ?
Son coeur ? allons allons ? Son coeur n'est plus à prendre. Il est là, dans mes mains... Ce qu'il aime chez moi, tu ne l'as pas, tu ne l'auras jamais. Tu ne peux pas lutter contre moi sur un certain terrain... Sais tu que si je le voulais, si je lui demandais de te donner à moi, il te donnerait sans hésitation. Parce qu'il le fait pour moi. Parce qu'il le fait pour nous. Souvent, un vieux couple, pour faire un beau voyage, s'achète une belle voiture, loue de belles chambres d'hôtel, part sur un beau bateau. Tu n'es rien de plus pour nous, tiens te le pour dit. Tu n'es rien... Chéri ? on rentre ? cette fille m'ennuie, son arrogance m'ennuie, son triomphalisme m'ennuie. "

La donzelle reste seule. Elle se consolera... Pour l'instant ce n'est qu'une oie blanche. Un peu d'écume au bord des lèvres, et quelques larmes au bord des yeux. Du dépit, de l'amertume, un point c'est tout.

19:55 Publié dans Bref | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fille, couple, amour, sexe