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14/10/2012

Sister Adrenaline

Je me crasherai encore et encore

Parce que c'est bien mieux que le vol de croisière

Je me clasherai encore et encore 

Parce que c'est bien mieux que la paix éternelle

 

Parce que les désastres ont la couleur des astres

Parce que la vie m'ennuie lorsque s'éteint la nuit

Parce que je n'écris que si je crie

Et que je taille mon destin à la veine qui saigne

 

Je me planterai encore et encore

Parce que c'est bien mieux que l'état végétatif

Je me tromperai encore et encore

Parce que c'est bien mieux que l'absolue vérité

 

Parce que les désastres ont la couleur des astres

Parce que la vie m'ennuie lorsque s'éteint la nuit

Parce que je n'écris que si je crie

Et que je taille mon destin à la veine qui saigne

30/09/2012

Why does it grieve me so

(Inspiré par les clichés décadents et superbes de Franck Stella)

 

Tu parles d'une extase, elle est comme morte. Une manie, consommer de la fille périmée. Tu vois l'emballage premium, l'étiquette aguicheuse et tu ouvres la boîte. Elle s'est éventée. Elle date d'hier ou de naguère, elle suinte le réchauffé, l'ingrédient de seconde main, la composition approximative.

Sa bouche a la splendeur de l'écarlate et la senteur du Maybelline. Sa peau est blanche à l'extérieur et se javelle à l'intérieur. Ses cheveux croassent en aile de corbeau mais c'est du nylon dont on fait les cordes à sauter.

Oui, vite, la sauter vite fait et la ranger au Bazar de l'Autel de Filles. Sceller sa
silhouette au cellophane. Vite, la jeter dans un sac-poubelle non recyclé, nonrecyclable. Fermer les liens coulissants et la déverser au vide-ordures en se
bouchant le nez.

Les yeux tendus vers je-ne-sais quel ailleurs elle oscille sur des stilettos sans style
en gloussant avec élégance, dans la n'importe quelle rue où je l'ai traînée pour
l'étrenner. J'imagine qu'elle s'imagine dans une sauterie hyper hype griffée
LaChapelle. Crois-le petite et fait ton Pater Noster.

La voilà qui s'allonge à même la rue sale, effaçant les crachats, les mégots, les
raclures de semelle sous sa robe et ses bas Made in China. Elle a l'échine osseuse et les aisselles imberbes. Elle ne prend aucune pose, elle est juste posée,
vitrophanie diaphane et prête à décoller.

Poulette standard nourrie aux grains de café, à la farine alcaloïde, élevée dans les
batteries de néon, pousse hâtive aux fleurs stériles, germinée à la hâte à la
poussière d'étoiles, elle se soumet à la question ultime, celle qui nous presse et nous fait mourir à chaque fois.

J'allume une cigarette et laisse filer le temps entre mes doigts, guettant le premier
rayon de soleil entre les toits. Elle a deux trous rouges entre les cuisses et ses yeux laissent glisser des larmes au graphite sur ses joues translucides.

Lumière. Elle tombe en poussière. Il ne reste que les pieux mensonges que je lui ai plantés en plein coeur.

25/01/2012

EXTASE GUSTATIVE

J'ai un coeur en forme de millefeuille
J'empile les amours roboratives
De la crème pastissière (sic)
Sur mon rouleau de pâtissière
Et puis j'enfourne la plaisante sucrerie
Et défourne la plaisanterie sucrée
De temps j'en détache une feuille
On voit si peu la différence
C'est bien ça l'avantage
De la consommation simultanée
On a toujours quelque croquante mise en bouche
A se mettre sous la dent...