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21/01/2010

PREDATEUSE

J'avais déjà écrit ma vie avant que de la vivre. Les preuves je les avais. Des dizaines de poèmes plus vaseux les uns que les autres, mal écrits, bourrés de fautes de syntaxe et de rimes pauvres, mais incroyablement vrais, étonnamment prophétiques.
Il était question d'incapacité d'aimer, de destin tragique, de nombrilisme béat et de dévotion aveugle envers tout ce que la Terre compte de spécimens mâles acceptables.
« Mais pourquoi bourrer de sucre ce qui au fond n'est qu'une histoire de fesses ? » me disais-je à chaque fois, lorsque la fin tragique d'une énième relation pseudo amoureuse prenait des allures de Titanic lacrymal.
Je me demandais souvent pourquoi les hommes prenaient-ils tous le temps et le plaisir de me couvrir de miel et d'encens. Faisaient-ils cela avec toutes les femmes, ou étais-je particulièrement bon public ?
Mais, quand même, quelle perte de temps ! Je parle pour moi, en l'occurrence. Que de temps passé au téléphone, à répondre aux messages nombreux et tous plus onctueux les uns que les autres. Parce que ce temps passé, finalement, ne m'apportait rien. Mieux eût valu être culbutée le jour venu, sans préliminaires longuets et épistolaires : le résultat eût été le même, une fin de non recevoir, réexpédié à la destinataire.
Tous les prétextes étaient plus imaginatifs les uns que les autres, j'aurais pu quasiment en faire une Encyclopédie, le Grand Œuvre du Faux-Fuyant et de l'Entourloupette pour Mâle Pressé de décamper.
J'étais de mauvaise foi, bien sûr. Parfois, j'en harponnai un et je le tenais tout vif, frétillant au bout de mon arme de chasseresse inexpérimentée. Je le voyais gigoter et soudain il perdait toute sa saveur.
En ce sens, j'étais l'égale des hommes et ce n'était pas pour me déplaire.
Mais comme je détestais ces moments où j'étais contrainte de rendre les armes et battre en retraite.
La vie était un combat et mon terrain de jeu était la conquête amoureuse.
J'aimais les hommes et balayais incessamment le terrain, en quête d'une nouvelle proie, qui serait, et c'est cela la beauté du jeu : soit mon bourreau, soit ma victime...

07:24 Publié dans Bref | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : amour, conquête

FAKE ATTITUDE

Imaginez la solitude terne, le silence glacé d'une pièce où plus rien ne se passe...
Une femme qui rentre chaque soir, laissant derrière elle une vie qui paraît si intense, laissant derrière l'admiration qu'on lui prête, sans trop savoir ce que cela implique ; une femme qui rentre et qui, dès la porte fermée, change de visage, ôte le masque qui la recouvre jusqu'à la faire disparaître, jette là ses affaires, ne remarque même plus le désordre de la pièce, la quasi-saleté, les murs qui s'abîment, la poussière qui rend les meubles opaques...
Un seul geste, un seul réflexe : elle allume l'écran et le contemple. Elle attrape ce qu'elle peut sur la table ; elle ne range même plus ses courses ; elle mâchonne en tapant au clavier. Elle est tellement à cran que ses mâchoires se serrent mécaniquement l'une contre l'autre.
Elle est seule.
Une voix, une seule, qui viendrait de là-dedans...
La voix, la voix silencieuse de celui qu'elle attend...

07:22 Publié dans Bref | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : solitude, internet

16/01/2010

CLOSED COMBAT

Nous avons tous nos blessures secrètes et endurer les reproches, même justifiés, des autres, est parfois une épreuve insurmontable. C'est pour cela que le combat, les disputes, sont la plupart du temps choses vaines et inutiles. Le combat laisse l'homme seul face à lui-même ; se battant contre l'autre, il se bat surtout contre les fantômes qui hantent son inconscient.
Il faut dépasser cela. Etre fort, c'est refuser de se battre. Trouver une autre voie. Certains l'appellent Sagesse, d'autres Amour, d'autres Raison. Peu importe le mot, le chemin, le but. Tout ce qui conduit à l'Apaisement est forcément juste. Et juste cela.

20:24 Publié dans Bref | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : combat, amour