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27/11/2010

Impériale

Impériale...
Je m'arrache bec et serres
Ca fait mal mais la souffrance est en elle même une délivrance
Ceux qui ne souffrent pas pour se délivrer de la souffrance ne peuvent comprendre.
Ils ternissent
Ils se racornissent
Ils n'en finissent pas de finir
Et comme l'aigle
Impériale
Je peux enfin apprendre à voler...

11:27 Publié dans Bref | Lien permanent | Commentaires (0)

02/06/2010

SOMBREUSE

J'ai longtemps vécu dans une prison dorée.

Maintenant, je m'en suis fabriquée une nouvelle.

Mais celle-là, à la différence des geôles où l'on incarcère ceux qui dérangent, celle-là, on ne peut y entrer.

J'en suis réduite à en faire le tour, à scruter ses fissures qui ne s'agrandiront jamais, à en contempler la lourde porte qui s'entrebaille parfois, pour se refermer violemment sur mes doigts agrippés.

Mon ancienne prison était un palais d'or, celle-ci est sombre.

Sombre comme les arrière-cours, sombre comme les corridors, sombre comme les méandres du Styx, sombre comme les caves où l'on enterre les mauvais secrets, sombre comme les oubliettes, sombre comme les salles de cinéma, sombre comme les chambres froides, sombre comme les nuits polaires, sombre comme les cryptes, sombre comme la vie que je ne vivrai pas.

10/02/2010

CONTPERTINENT DEUXIEME CRASSE

La garce est chaque jour plus belle que d'habitude. Parée comme une poule faisane à la veille de la chasse, peinturlurée comme un sioux à la veille de la guerre, elle jette des feux de joie sur tous les endimanchés, plantés sur le quai. Elle tapote légèrement du pied, heureuse de figurer sans doute au palmarès des fantasmes des vieux croupissants, des adolescents boutonneux, et surtout au sommet de la hiérarchie sexuelle de ses préférés, de ses amoureux passagers...les beaux militaires.
Elle ne fait quasiment rien de ses journées, protégée dans le cocon familial par une mère qui l'idôlatre et un père trop occupé pour la surveiller. Riche jusqu'à l'écoeurement, blasée des petits coups de reins mesquins qui se donnent le soir après l'extinction des feux, elle passe son temps dans les gares, entre deux trains, d'aller furtif en retour hâtif, toujours à l'affût du bidasse qui viendra combler son désoeuvrement.
Personne ne sait d'où lui vient ce goût des militaires, cet amour de l'uniforme, qui la pousse à jouer les divas des compartiments fumeurs.
Draguignan-Toulouse : ce parcours elle le connaît par coeur. La floraison des appelés et des permissionnaires y est digne d'un jardin babylonien. Il ne se passe jamais une journée sans qu'elle écume les wagons, laissant dans son sillage ce parfum fort et affolant que possèdent, seules, les vraies débauchées.

17:55 Publié dans Bref | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : train, militaire