Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/03/2012

PLUS MALIGNE QUE MOI TU MEURS - CONVERSATIONS ENDIABLEES (2)

- Alors vas-y, dis !
- Hé ! Pas si vite ! J'ai plein de choses à dire avant ça !
- C'est moi qui te demande des choses et toi qui fais ta mystérieuse, c'est le monde à l'envers !
- Ben ouais, c'est comme ça. Inversons un peu les rôles. D'ailleurs c'est normal, tu es mon débiteur.
- Ah ! tu commences à me chauffer avec tes non-dits et tes circonlocutions !
- Tu vas cracher des flammes ? Me sortir le grand jeu ? Avec voix sépulcrale et yeux révulsés et tout et tout ? J'adorerais...
- Fiche toi de moi, gourgandine ! J'en ai maté des plus dures que toi !
- Alors, qu'est-ce que tu attends ? Montre-moi ce dont tu es capable.
- OK OK, faisons un pause, s'il te plaît. Ca ne sert à rien de nous disputer.
- Peace and Love mon frère. C'est toi qui t'énerves tout seul. Moi, je suis très calme. Peace and Love : dis-moi c'est toi qui était derrière cette histoire de hippies dans les sixties, non ? Remarque vu comment ça a tourné, on peut dire que c'était une de tes plus grandes réussites.
- Ne recommence pas ! Voui je peux dire que j'ai un peu contribué à l'éclosion du Flower Power et du Summer of Love.
- M'étonne pas, j'aurais pas vu le Barbu ou son fils putatif s'en mêler. M'enfin. Et l'amour dans tout ça ? T'as bien été amoureux au moins une fois. Lilith ?
- Ah non ! Me parle pas de celle-là ! Elle a bien magouillé et manoeuvré c'te garce ! Le Vieux l'a à la bonne, elle manage une chiée de galaxies à elle toute seule à c'te heure ! Une vraie pro : libido et libations à tous les étages. Plébiscitée dans tout l'univers... Alors, alors...
- Alors ?
- Ras le bol de cet éternel féminin qui réussit dans les affaires ! Ici, j'ai tout fait foirer et j'ai mis les moins compétents aux commandes.
- Tu veux dire, les mecs ?
- Hé hé ! Ils foutent bien le bordel dans ton monde, n'est-ce pas ?
- Enfoiré ! Je m'en doutais un peu quand même !
- Mais comment vous les femelles, vous avez pu gober que des dégénérés de chasseurs guerriers puissent assurer les affaires courantes ? Totalement bernées je vous ai !
- Tu t'approches de la vérité en m'ouvrant ton coeur.
- Tu peux développer ?
- Pas encore ! Alors, comme ça, là haut, au siège névralgique du Cosmos Inc., faut coucher pour réussir ?
- Qu'est-ce que tu crois ? Nous sommes tous régis par le principe panspermique, y compris le Vieux. Et je peux te dire qu'il en use et en abuse. Moi-même...
- Waow ! Tu en rougis presque ! Toi aussi, tu es passé à la casserole, enfin, au chaudron ?
- Fiche toi de moi ! Je peux te dire que ça n'a pas été une partie de plaisir ! Enfin, pas pour moi en tous cas !
- D'où la rétrogradation hiérarchique, enfin, la chute luciférienne et tout le toutim ? T'étais pas à son goût ou quoi ?
- Pas du tout ! Il en voulait et en voulait encore. N'oublie pas la légende : j'étais le plus beau des Anges et le Vieux Barbon n'en avait qu'après moi ou presque. Non, un jour j'ai refusé de céder à ses avances, j'ai fait mon frigide et mon offusqué. Je lui ai dit : "Je ne suis pas un objet sexuel, je suis un être angélique à part entière, j'ai ma dignité et mes vapeurs ! Et puis, là, j'ai la migraine interstellaire et basta !"
- Il t'a foudroyé du regard et t'a envoyé te faire mettre dans cette sous-suburb land solaire, non ?
- Exact, rien qu'une minable planète habitée de seconde zone... Alors je t'avoue, au début je me suis éclaté, j'ai tout bien fait pour foirer la vie terrestre et puis après je me suis lassé. Les humains ont pris leur autonomie, les petits oiseaux ont quitté le nid et ont voleté de leurs propres ailes. J'avais plus grand chose à leur enseigner.
- Alors, tu fais quoi de tes journées ?
- Je m'emmerde, essentiellement.
- Et existentiellement ?
- Et ontologiquement.
- Et phénoménologiquement ?
- Et métaphysiquement.
- Et bibliquement ?
- Bon, t'as fini de me faire enfiler les perles philosophiques ? Accouche !
- J'ai la parturition lente, tu sais !
- Bon, j'me barre !
- Tu reviendras, tu es curieux de nature...

A SUIVRE

09/03/2012

PLUS MALIGNE QUE MOI TU MEURS - CONVERSATIONS ENDIABLEES (1)

- Salut toi !
- Salut !
- T'as mis du temps avant de m'invoquer...
- T'as mis du temps à te manifester...
- Alors, qu'est-ce que je peux pour vous ma bonne dame ?
- Je t'imaginais plus bizarre que ça. Là, tu as l'air normal. Ca me fait drôle...
- Tu croyais que j'allais me pointer ceint d'un rideau de flammes dans un fracas wagnérien, dégueulant des serpents et des monceaux d'obscénités ?
- Hin hin, pas du tout. Je t'imaginais glacé et monolithique, avec une petite moustache en pointe très fine et vêtu comme un pingouin mondain.
- Déçue ?
- Pas vraiment... Je suis contente que tu sois là.
- Et tu peux l'être ! Je ne me déplace plus pour grand monde par ici !
- Ah ouais ? On ne crois plus en toi, on ne t'invoque plus ?
- Si tu savais... Bien au contraire ! Mais franchement, j'ai la flemme. Et puis je sais que je vais me barber, qu'ils vont me tanner avec des questions philosophiques à la con, qu'ils vont me demander les grands classiques : beauté, pognon, immortalité... Rien à taper de ces gnangnanteries d'occultistes non plus. Bref, je ne me déplace que pour la bonne cause.
- Flattée alors... Tu t'es déplacé pour une bonne loseuse de bas étage, en pleine maniaco-dépressurisation ?
- Hé hé ! A ton avis, pourquoi ?
- A toi de me le dire.
- Curieuse... démoniaquement curieuse... Voilà ce que tu es. Tu étais curieuse de me connaître et tu n'avais rien de spécial à me demander. Avoue, tu ne crois pas vraiment en moi, n'est-ce pas ?
- Je ne crois pas que tu sois capable de grand-chose, surtout. Tu fais ton cirque avec les désespérés ou les ambitieux, mais je sais au fond que ce n'est que de l'intox psychologique... Tu leur promets et tu ne tiens jamais tes promesses et ils finissent par crever de peur ou crever les autres...
- Fichtre ! Tu as une piètre idée de moi.
- On est responsable de son image.
- Mais je n'ai rien publié moi ! Plains toi à Goethe, à Milton, à LaVey ou bien à Bierce ou n'importe quel autre  ! Tu crois que je leur ai dicté tout leur charabia psychédélique ?
- Je crois que tu y es pour quelque chose, tu es aussi toxique qu'une Amanita Muscaria mais pas plus.
- Et tu n'as même pas peur de moi, et tu te fiches de moi. Mais de quel bois es-tu faite ?
- Je pense que dans ton monde, tu es un peu comme moi : brillant mais raté, austère mais déjanté, asocial, marginal, désabusé et cynique. Je pense qu'on t'a refilé la gestion de ce monde comme on colle un cadre moyen en fin de carrière dans un placard en sous-sol. Je pense que nous sommes le placard cosmique, le trou paumé de l'univers et que c'est toi la voiture-balai.
- Que tu crois ! Et si vous étiez les préférés ?
- Eh ben alors, je me demande à quoi ressemblent les autres ! C'est possible d'être encore plus misérables que nous ?
- Les derniers seront les premiers... Tu te rappelles ce que racontait le fils du Boss ?
- Ah oui, le beau gosse qui faisait du bodyboard sur le lac Tibériade ?
- Excellent ! Je lui ressortirai... Enfin, le fils à papa ils vous a tous foutu en faillite non ? Il a creusé une dette abyssale que vous rembourserez jusqu'à la fin des temps !
- Piètre gestionnaire en effet, et c'est toi l'administrateur judiciaire...
- Vouais, je suis sur la banqueroute toute la sainte journée !
- Yessss ! Tu parles aussi bien que moi en fait.
- Peut-être ne suis-je qu'une création de ta pensée ? Une émanation de ton esprit délirant ?
- Non, tu es mon débiteur, je suis ta créancière...
- Tu rigoles, j'espère ? De quel droit tu me sors un truc pareil ! Je ne suis le débiteur de personne !
- Eh bien, je vais te dire pourquoi...

A SUIVRE...

04/03/2012

REVISITED ODYSSEUM, REMIX D'OPÉRETTE BAVEUSE BY DAVID GEORGE GUETTA-RIT (épisode 1)

Oui, moi Athéna la casquée décalquée, je me vois encore contrainte de narrer les piteuses aventures du filandreux héros, montées à la Sauce Diable, histoire de donner du piquant à ce qui ne fut qu'une modeste anecdote historique, même pas digne de figurer dans un In Quarto broché d'Ernest Flammarion (le genre d'histoire de revenants qui ferait mieux dans le florilège d'élucubrations grotesques du Camille éponyme Flammarion)... bon je narre je narre mais en pointillés because fatigue littéraire et surnuméraire...

"Or donc l'Ulysse, créateur de l'équestre fourberie s'en repartit faire sa croisière Costa en Méditerranée. L'homme n'était point pressé de rentrer à bon port : ben ouais quoi, la Pénélope, elle avait attendu, elle pouvait bien attendre encore...
Il prit le parti de se livrer à une sorte de rituel sado-maso en Dolby Surround. Le bougre voulait s'enchaîner au mât de misaine pour s'envoyer dans les esgourdes le concerto pour des beuglantes du Detroit de Messine. Qu'il dit : «Y'a qu'les nazes qui se fourrent des bouchons d'oreille dans les concerts de Moto Raide... Fi donc ! envoie du lourd, Ligie ! Balance le gros son Aglaophème ! Kick off the jams Pisinoé ! Fais péter les amplis Thelxiépie ! Wasaaaa !»"

Bon ben hein... je suis fichtrement fatiguée môa !!! Comme une envie de me calter vers l'Olympe me pieuter avec Morphée ou Hypnos, ce sera selon leurs dispos... Next time, vous saurez si Ulysse s'est fait exploser les tympans par les Sirènes...

Zen Ouate ? Finira-t-il en fromage de tête chez Circé la cochonne ?

Finira-t-il par faire tapisserie carpette aux pieds de Pénélope ?

Vous le saurez bien un jour dans un prochain épisode !

Adishatz amis lecteurs !