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09/03/2012

PLUS MALIGNE QUE MOI TU MEURS - CONVERSATIONS ENDIABLEES (1)

- Salut toi !
- Salut !
- T'as mis du temps avant de m'invoquer...
- T'as mis du temps à te manifester...
- Alors, qu'est-ce que je peux pour vous ma bonne dame ?
- Je t'imaginais plus bizarre que ça. Là, tu as l'air normal. Ca me fait drôle...
- Tu croyais que j'allais me pointer ceint d'un rideau de flammes dans un fracas wagnérien, dégueulant des serpents et des monceaux d'obscénités ?
- Hin hin, pas du tout. Je t'imaginais glacé et monolithique, avec une petite moustache en pointe très fine et vêtu comme un pingouin mondain.
- Déçue ?
- Pas vraiment... Je suis contente que tu sois là.
- Et tu peux l'être ! Je ne me déplace plus pour grand monde par ici !
- Ah ouais ? On ne crois plus en toi, on ne t'invoque plus ?
- Si tu savais... Bien au contraire ! Mais franchement, j'ai la flemme. Et puis je sais que je vais me barber, qu'ils vont me tanner avec des questions philosophiques à la con, qu'ils vont me demander les grands classiques : beauté, pognon, immortalité... Rien à taper de ces gnangnanteries d'occultistes non plus. Bref, je ne me déplace que pour la bonne cause.
- Flattée alors... Tu t'es déplacé pour une bonne loseuse de bas étage, en pleine maniaco-dépressurisation ?
- Hé hé ! A ton avis, pourquoi ?
- A toi de me le dire.
- Curieuse... démoniaquement curieuse... Voilà ce que tu es. Tu étais curieuse de me connaître et tu n'avais rien de spécial à me demander. Avoue, tu ne crois pas vraiment en moi, n'est-ce pas ?
- Je ne crois pas que tu sois capable de grand-chose, surtout. Tu fais ton cirque avec les désespérés ou les ambitieux, mais je sais au fond que ce n'est que de l'intox psychologique... Tu leur promets et tu ne tiens jamais tes promesses et ils finissent par crever de peur ou crever les autres...
- Fichtre ! Tu as une piètre idée de moi.
- On est responsable de son image.
- Mais je n'ai rien publié moi ! Plains toi à Goethe, à Milton, à LaVey ou bien à Bierce ou n'importe quel autre  ! Tu crois que je leur ai dicté tout leur charabia psychédélique ?
- Je crois que tu y es pour quelque chose, tu es aussi toxique qu'une Amanita Muscaria mais pas plus.
- Et tu n'as même pas peur de moi, et tu te fiches de moi. Mais de quel bois es-tu faite ?
- Je pense que dans ton monde, tu es un peu comme moi : brillant mais raté, austère mais déjanté, asocial, marginal, désabusé et cynique. Je pense qu'on t'a refilé la gestion de ce monde comme on colle un cadre moyen en fin de carrière dans un placard en sous-sol. Je pense que nous sommes le placard cosmique, le trou paumé de l'univers et que c'est toi la voiture-balai.
- Que tu crois ! Et si vous étiez les préférés ?
- Eh ben alors, je me demande à quoi ressemblent les autres ! C'est possible d'être encore plus misérables que nous ?
- Les derniers seront les premiers... Tu te rappelles ce que racontait le fils du Boss ?
- Ah oui, le beau gosse qui faisait du bodyboard sur le lac Tibériade ?
- Excellent ! Je lui ressortirai... Enfin, le fils à papa ils vous a tous foutu en faillite non ? Il a creusé une dette abyssale que vous rembourserez jusqu'à la fin des temps !
- Piètre gestionnaire en effet, et c'est toi l'administrateur judiciaire...
- Vouais, je suis sur la banqueroute toute la sainte journée !
- Yessss ! Tu parles aussi bien que moi en fait.
- Peut-être ne suis-je qu'une création de ta pensée ? Une émanation de ton esprit délirant ?
- Non, tu es mon débiteur, je suis ta créancière...
- Tu rigoles, j'espère ? De quel droit tu me sors un truc pareil ! Je ne suis le débiteur de personne !
- Eh bien, je vais te dire pourquoi...

A SUIVRE...

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