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27/04/2010

FUGACE

Tout au plus
Un bouquet de fleurs de Bach
Un soupçon d'huile essentielle
Un concentré d'herbes folles
Une goutte de presque tout
Une larme de je ne sais
Un échantillon de vie
Plus que très
Fugace
Tes bras autour de moi
Valent tous les anneaux du monde...

22:24 Publié dans Lyriques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fugace, soupçon, parfum

23/04/2010

Holo Tueries

(ou : quand les bizuthages virent au biturage...)


Il me semble bien que nous étions à Venise...

Nous approchions de la Place Saint Marc et de la fin du siècle. Nous étions jeunes et aussi largués que les amarres du Vaporetto qui nous rapprochait de la Cité Sleeping, du Temple de la Lune de Miel. Ce présage augurait des amours éternelles. Nous nous trompions pourtant. Sous les eaux troubles de la Bella Donna, il y avait le poison des jeunes idiots, l'impatience.

Maria, Sandrine, Alain et moi. Un quatuor de sérénades sur fond de lamento grinçant. Un quatuor de cordes à se pendre.

George était morte et Alfred ? Alfred courait les Georges. Les Amants de Venise ne s'étreignent plus que dans les cimetières. Nous croyions que l'amour était encore une Valeur Culturelle Intangible, alors qu'il n'a plus pour les Mortels des Communs qu'un arrière-goût de Cul de Praline.

"Une friandise, Monsieur ? Un petit four Madame ?" - Pas d'amour surtout ! Vous comprenez, mon ulcère du coeur, ma gastroentérite vaginale... L'amour c'est corrosif et indigeste. Un vice coûteux qu'on ne peut plus se permettre à notre âge...

C'est pourquoi, peut-être, j'ai vu Venise telle une tombe, et nous, quatre fantômes en visite au Sanctuaire des Liaisons Doucereuses.

Alain qui aimait sans fin, Maria qui aimait trop loin, Sandrine qui aimait trop bien, et moi qui n'aimait plus rien.

Etranges pèlerins, nous avons fui les lieux infestés de Touristicus Blattus. Nous avons longé les rues désertes, traversé des places silencieuse, dans le calme et le bonheur le plus absolu. Nous avons pleuré de rire pour la dernière fois. Après, nous avons pleuré tout court.

Venise sentait bon le bateau et l'oiseau. Venise était blanche et irrationnelle. Nous aurions voulu tomber amoureux, mais personne ne nous a vus. Nous avons salué et repris le Vaporetto sur le retour.

Quelques autres spectres nous accompagnaient. Et le reste de la troupe, des vivants, des bons vivants même, qui ne nous voyaient pas. Il me semble bien qu'ils riaient. A cet instant, il aurait été bon de tout lâcher.

Comme les crachats des Dieux, le long d'un égout sans fin, nous allions regagner la Phocéenne.

Quelqu'un a parlé d'holothuries, dans un livre de Moravia. Elle s'appelait Desideria. J'ai regardé dans le miroir sans tain de la lagune. A cet instant, j'ai vu nager quatre tubes, complaisammant animaux. C'étaient peut-être nos reflets, tout simplement.

Quelqu'un a jeté une pierre ou bien une larme dans les eaux saumurées. L'instant d'après, il n'y avait plus rien.

...

Au petit jour, j'ai vomi sur le trottoir. Nous étions arrivés à Marseille.

Septembre 1992

Marseille est la plus belle ville du monde quand on ne s'est plus jamais couché et qu'on se réveille d'un long rêve douloureux

Dix heures du matin et je ne suis plus là et je suis le sillage d'un temps éperdu que tu promènes avec toi

Et je suivrai pas à pas le chemin que tu traces plutôt en être l'ornière que dévier de ta route

Les seules dérivations seront celles de mon âme appauvrie par les hommes de petites vertus et l'enivrement accessoire

Je suis morte aujourd'hui j'ai déchiré ce corps et foulée à tes pieds attachée à tes semelles tu ne me verras pas

Je suis la particule infime que tu trimbales sans t'en douter le grain de sable infiltré dans un voyage dont il ne reviendra jamais

20:23 Publié dans Memorandum | Lien permanent | Commentaires (0)